Changements d'usages

Le confort d’été dans les bâtiments

confort d'été dans les bâtiments

Empêcher la chaleur de rentrer

En utilisant des matériaux performants et adaptés, et notamment des isolants à fort déphasage thermique, on retarde jusqu’à la nuit le moment où la chaleur pourrait rentrer dans le bâtiment.

La bonne mise en œuvre du bon matériau est primordiale mais doit s’accompagner de bonnes pratiques : les fenêtres doivent rester fermer tant que la température extérieure est supérieure à la température intérieure, sans quoi on inverse la situation en faisant rentrer la chaleur dans un bâtiment isolé, duquel elle n’arrivera plus à sortir.

Empêcher l’effet de serre en protégeant les vitrages

Les occultations solaires extérieures sont indispensables sur toutes les fenêtres qui peuvent être exposées au soleil à un moment de la journée.

En premier lieu, les masques solaires externes tels que les arbres, les casquettes solaires ou les dépassées de toiture, sont à prendre en compte, mais nécessitent une vraie vérification pour qu’ils restent efficaces même lorsque les rayons de soleil de fin de journée finissent par passer en-dessous…

Brise-soleils orientables ou fixes, stores textiles, volets battants ou coulissants, les dispositifs disponibles pour les fenêtres sont nombreux et variés, et permettent une adaptation précise aux besoins de chaque projet (usage souhaité, intégration extérieure, style, etc.)

volet papillon bois

 

Ouvrir les fenêtres la nuit, ventiler pour chasser la chaleur accumulée

En période de canicule, et notamment en ville où la chaleur s’accumule plus qu’ailleurs, il est primordial de pouvoir chasser la chaleur accumulée malgré tout et redescendre la température en sur-ventilant la nuit dès que la température extérieure redescend en-dessous de la température intérieure.

Ce principe bien connu dans les pays du sud habitués depuis longtemps aux fortes chaleurs, nécessite des modifications d’usage, et des adaptations pour éviter les effets indésirables. Dans les rues d’Espagne ou du Maroc par exemple, on trouve depuis toujours des grilles en fer forgé aux fenêtres donnant sur la rue, pour éviter les infractions nocturnes tout en laissant les fenêtres ouvertes.

Si les grilles traditionnelles font aujourd’hui partie intégrante du patrimoine marocain, pourquoi ne pourrions nous pas inventer de nouveaux systèmes adaptés à nos usages et nos bâtiments ?

Nous avons testé dans nos projets d’écoles des systèmes d’ouverture de fenêtres vers l’extérieur pour protéger de la pluie, ou des fenêtres à vantelles qui permettent de ventiler tout en protégeant de la pluie ou des infractions extérieures.

Il est aussi possible de confier le contrôle de ces ouvrants à un système domotisé relié à une petite station météo qui assurera l’ouverture des fenêtres au bon moment sans compter sur l’intervention humaine, qui peut être aléatoire notamment dans les bâtiments publics.

 

L’inertie : une grande loi de la physique précieuse pour le confort d’été !

L’inertie thermique est la capacité d’un matériau ou d’un bâtiment à stocker, conserver puis restituer progressivement la chaleur, ou la fraîcheur. Les matériaux qui ont cette capacité sont souvent existants dans nos bâtiments anciens, et notamment les murs en pierre de nos maisons anciennes, dont nous avons tous pu ressentir l’effet positif lors d’une période de grosse chaleur.

L’isolation par l’intérieur d’une façade ancienne peut annuler l’effet positif de l’inertie en coupant la capacité des murs à restituer la fraicheur. Dans ce cas, il faut savoir trouver de l’inertie ailleurs, dans des planchers par exemple (plancher béton, plancher « lourd » rempli, chape en terre, etc.), ou en utilisant les murs de refend intérieurs en pierre quand il y en a.

De même, les constructions neuves en ossature bois manquent souvent d’inertie, et il faut trouver des matériaux de second œuvre qui vont apporter de la masse, au travers de matériaux tels que le fermacell ou la terre crue par exemple.

 

Et pour finir, rafraichir quand le besoin finit tout de même par s’en faire sentir…

Pour rafraichir des espaces, il existe des systèmes passifs, qui ne nécessitent pas de consommation d’énergie, et des systèmes actifs tels que la climatisation par exemple.

Les systèmes passifs utilisent souvent des propriétés physiques naturelles qui sont connues depuis toujours pas les sociétés ancestrales des pays chauds, et qui peuvent être ré-utilisés plus ou moins facilement aujourd’hui dans nos projets.

Citons d’abord la végétalisation et la désimperméabilisation des sols. Pour contrer le stockage et la restitution de la chaleur dans les sols bétonnés (le fameux effet « ilot de chaleur »), il faut mettre en place des sols perméables clairs qui stockent une partie de l’eau de pluie, et surtout différentes strates de végétaux qui apportent de l’ombrage, évitent le stockage de la chaleur dans les sols, et rafraichissent l’air par le principe de l’évapotranspiration des plantes.

D’autres systèmes plus techniques tels que les puits canadiens, ou la ventilation adiabatique, utilisent également les propriétés rafraichissantes du sol ou de l’humidité pour apporter de la fraicheur naturellement dans les espaces intérieurs.